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Sommaire de cet article

Les lignards et les rayonnements ionisants (oui, encore !)

L’affaire démarre en 2006 lorsque la GCT alerte sur un nombre anormalement élevé de cancers chez les agents de France Télécom et de La Poste du site de Riom-ès-Montagne. Le site sera visité plusieurs fois sans qu’on ne trouve rien d’inquiétant jusqu’à ce que, en 2008, on retrouve 12 000 parafoudres dans un carton sur le site de Moulins. Jusque-là, la direction disait que ces parafoudres n’existaient plus que dans les musées !

En effet, dans les années 60 et 70, toutes les lignes de feu France Télécom ont été équipées de parafoudres contenant des éléments radioactifs, constitués d’une électrode entourée d’un gaz radioactif (radium 226 ou tritium). Ça fait quarante ans que ces parafoudres ne sont plus autorisés puisque d’autres procédés sans élément radioactif sont aujourd’hui disponibles sur le marché. Malgré cette interdiction, un million de ces parafoudres serait encore en place.

L’année suivante, une expertise est diligentée par le CHSCT. La société SECAFI demande l’aide du GISCOP 93 pour retracer le parcours professionnel des salariés vivant sur le site de Riom-ès-Montagne. En 2010, la CRIIRAD confirme que les fameux parafoudres émettent des rayonnements ionisants, pour certains fortement. Les membres du CHSCT recherchent alors les fameux parafoudres et en trouvent sur toutes les lignes du département. L’inspection du travail met en demeure France Télécom de tous les enlever.

Alors les lignards – chargés de la maintenance des milliers de kilomètres de câbles qui nous permettent de téléphoner – commencent à recenser ces parafoudres et à les remplacer.

En 2009, les premiers parafoudres ont été récupérés par l’Andra, mais elle n’a pas les moyens de les recycler ! Et attendant de savoir quoi en faire, ces parafoudres sont stockés dans des bidons.

En 2016, les équipes syndicales et le CHSCT ont demandé une étude à la CRIIRAD qui découvre que du tritium est présent dans l’eau au fond des bidons contenant les fameux parafoudres, mais également dans un bidon qui se trouvait à côté, vide de parafoudres, ce qui tendrait à prouver que les bidons rayonnent également. Les parafoudres au radium sont aux aussi stockés dans des bidons identiques. L’air de ces bidons contient du radon.

La CRIIRAD émet alors une liste de recommandations pour la manipulation de ces parafoudres (gants, containers étanches, locaux ventilés, dosimètres, et cætera).

La dépose de ces parafoudres continue et les salariés continuent de développer des cancers !

Pour en savoir plus :

La lutte racontée par l'Association Henri Pézerat

Le rapport de la CRIIRAD

L'histoire racontée dans Sciences et Avenir